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2ème Journée Scientifique du groupe de recherche en Santé Mentale et Environnement Psychosocial de l’Institut National de Santé Publique (INSP) de Côte d’Ivoire.

Les facteurs sociaux et culturels influencent la maladie et sa prise en charge, c’est  une certitude, affirment les professionnels de la santé. Confrontés régulièrement à cette question lors de leurs consultations de psychopathologie, les praticiens ont choisi de placer la deuxième  Journée Scientifique du groupe de recherche en Santé Mentale et Environnement Psychosocial tenue le 30 septembre 2016, à l’Institut National de Santé Publique (INSP), sous le thème «croyances et soins». L’objectif étant d’en parler et de présenter les activités de recherche sur la problématique, afin de voir dans quelle mesure l’on peut prendre  en compte les réalités culturelles. «Pour les musulmans, la maladie mentale est souvent attribuée aux djinns que l’on essaiera de chasser avec du Nassidji (potion que l’on obtient à partir de versets coraniques écrits sur une tablette avec une encre spéciale).Les chrétiens, eux, feront des prières de délivrance pour chasser Satan de ce corps. Les animistes  chercheront à savoir si la malveillance d’une autre personne ne serait pas la cause de la maladie d’un proche», résume AMANI N’Goran, Professeur titulaire en Psychiatrie qui a donné la conférence inaugurale de la rencontre scientifique. «Pour soigner, il faut interpréter la maladie et  cette interprétation ne peut se faire sans la culture», a-t-il expliqué. Un avis que partage le responsable du groupe de recherche en Santé Mentale et Environnement Psychosocial, le Pr YEO T. Jean-Marie. A en croire ce dernier, la culture dans la prise en charge peut être à la fois un atout et un obstacle. «Mais à quel niveau intégrer la culture et quel type de culture intégrer dans la pratique?» interroge-t-il. La culture, rappelle-t-il, influence la représentation de la maladie, son interprétation et détermine l’itinéraire thérapeutique. «Nous avons des patients en souffrance qui n’adhèrent pas aux soins et errent car, parfois, nous leur offrons une représentation de la maladie qui n’est pas compatible avec leurs croyances» révèle le Pr YEO T. Jean-Marie. Et selon lui, il faut donc savoir les aborder, utiliser leurs croyances pour une meilleur adhérence aux soins. Même si la science opère dans le monde du visible et du matériel, le praticien ne doit pas se fermer totalement aux aspects immatériels et spirituels de ce monde. «Il vaut mieux chercher à savoir et comprendre ce qui se passe que de laisser les croyances saboter la prise en charge  du patient suivi. La collaboration est nécessaire», souligne le Pr AMANI N’Goran. Au cours de cette journée, différents symposiums ont permis aux participants de partager leurs compétences pour une démarche thérapeutique  de qualité.

Le forum s’est achevé par une cérémonie de clôture avec l’intervention très remarquée du Professeur YEO TENENA Y.JM, Responsable du groupe de recherche en Santé Mentale et Environnement Psychosocial et Président du Comité Scientifique et une photo de famille.

  

                                                                                                                                    Service communication-INSP        

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